Soutien ET Accompagnement Psychologique (S'ETAP)

Avant d'avoir des enfants je pensais que...


A partir de plusieurs anecdotes, sortes de petits épisodes de vie et de réflexion, je vais vous présenter mon parcours de maman "en apprentissage" et ma réflexion, mes lectures à propos des différentes observations que j'ai faites auprès de mes enfants.

Quid de l'INNE et de l'ACQUIS #1 :

INNE : quelque chose - acquisition, arrêt... - qui se déroulerait naturellement lorsque c'est le moment pour l'enfant, sans qu'il y ait forcément un accompagnement de l'adulte) // ACQUIS : quelque chose qui s'acquerrait en étant accompagné, proposé, voire imposé par le parent.

Hier soir, alors que j'avais passé plus de temps que d'habitude à endormir mon enfant de 3 ans et demi, en essuyant quelques cris et pleurs au passage, parce que je n'avais pas sa tétine
alors qu'en temps normal il s'endort seul en quelques minutes, je me suis dit qu'il fallait encore attendre avant d'arrêter la tétine pour l'endormissement (elles ont déjà bien réduit la journée et arrêté totalement à l'école) malgré les recommandations des médecins.

Puis je me suis rappelé comment cela s'était passé pour l'ainé  : après plusieurs essais non concluant, un soir il m'a dit : "je suis grand je n'ai plus besoin de tétine" et il ne l'a jamais reprise.

Cela m'a alors fait cogiter et penser aux autres acquisitions

- concerne aussi bien le gain que l'arrêt d'un comportement, d'une conduite -

Qui bordent la vie de nos enfants

Et notamment "l'acquisition de la continence" (cf article en fin de post pour comprendre le choix de ce terme plutôt que "propreté").

Je me suis alors demandé :

Est-ce que cette acquisition peut/doit se faire naturellement (et donc est-ce qu'elle est un phénomène inné) ou est-ce qu'elle doit être accompagnée, proposée voire imposée à l'enfant à un certain moment de sa vie (et donc est-ce qu'elle est un processus acquis) ?

Je connais des mamans qui "travaillent" ou proposent la continence assez tôt (entre 18 mois et 2 ans), par peur que celle-ci n'arrive pas avant l'entrée à l'école ou un événement important à venir, parce qu'on leur a conseillé de faire comme cela, parce qu'elles sentent que c'est le mieux pour leur enfant...

Elles ont des retours d'expérience différents :

  • Alors que pour certaines, la continence s'est faite facilement, presque instantanément et parfois jour et nuit, avec peu ou pas d'accident.
  • Pour d'autres, en revanche, ça a été plus contraignant : il y a eu de nombreux accidents, de la réticence,  une prise de tête, des conflits, des annulations de sorties pour cause de continence non maîtrisée...

 

En ce qui me concerne, avant que mon aîné soit en âge d'acquérir la continence, je n'y connaissais rien en la matière.

Mais j'avais plusieurs amies qui avaient des enfants plus âgés et qui m'avaient dit avoir essayé de travailler la continence (en vain) et avoir finalement observé qu'elle avait fini par arriver avant l'entrée à l'école.

 

Puis, quand mon aîné a commencé à me dire quand il faisait "pipi" ou "caca",  j'ai proposé spontanément le pot ou le rehausseur sur les toilettes (me disant que c'était le moment pour voir si cela l'intéressait).

La première fois, il a accepté d'essayer et a pris cela pour un  jeu, une nouvelle chose à  tester et il a fait cela quelques fois avant de sen détourner totalement.

J'ai alors bien essayé d'insister, de l'y déposer moi-même en lui disant que c'était mieux de faire sur le pot que dans la couche mais il hurlait tellement (on aurait dit parfois des cris de panique) pour manifester qu'il n'avait pas envie (ou qu'il ne se sentait pas) de le faire à cet endroit là à cet instant précis qu'il m'a été structurellement impossible de le lui imposer.

 

Mais, comme j'en avais un peu assez des couches et que je me demandais s'il fallait tout de même aider mon enfant à acquérir la continence, j'avais demandé à la crèche comment cela fonctionnait et s'ils pouvaient s'en occuper.

Ils m'avaient alors répondu que ça venait plutôt naturellement lorsque l'enfant sait monter les escaliers :

  • une marche par une marche
  • sans se tenir (ni à la barrière, ni au parent).


J'ai donc décidé, non sans frustration, de laisser venir la continence lorsque ce serait le moment pour mon enfant.

Et c'est vrai que c'est venu naturellement, l'été avant l'entrée en classe et directement sur les toilettes (et pareil pour les suivants).

 

Pour autant, il y a tout de même eu quelques accidents car au début ce n'est pas totalement acquis et notamment lorsque l'enfant joue et qu'il oublie d'aller faire aux toilettes ou est à l'école et qu'il n'ose pas demander.

Mais j'ai remarqué que :

  • Je ne m'étais pas du tout pris la tête avec ça
  •  Je n'avais pas à avoir peur que ça n'arrive pas

Puisque c'est une acquisition standard du développement psychomoteur de l'enfant (tout comme la marche ou la parole).

Et j'ai remarqué également que cela pouvait s'observer aussi pour les autres acquisitions comme :

  •  Faire du vélo sans roulettes (ça a pris un jour à mon aîné sur un coup de tête, ayant vu des enfants de sa classe faire du vélo sans roulettes) ;
  • Arrêter la tétine (il y a bien un moment où l'enfant a moins besoin de sa tétine pour trouver du réconfort, de l'apaisement, le sommeil... et cela s'est observé chez mon aîné un peu avant ses 4 ans)
  •  L'arrêt de l'allaitement (pour celles qui ont allaité jusqu'à plus de 2 ans) ;
  •  L'arrêt du dodo en écharpe de portage ou porté bébé la journée ("on n'a jamais vu un ado dormir en écharpe" avais-je lu un jour dans un article sur les bienfaits du portage en écharpe, ça m'avait fait bien rire, mais c'est tellement vrai :D) ;
  •  Le sevrage de tétée la nuit (biberon et allaitement) : je conseille, dans la mesure du possible pour les parents, d'accompagner l'arrêt des tétées la nuit en étant présent, en prenant éventuellement l'enfant dans les bras, en le berçant plutôt qu'en le laissant pleurer seul dans son lit sur plusieurs nuits, contrairement à ce que conseillent certains pédiatres. En le laissant pleurer, il finit par s'arrêter, il est vrai, mais est-ce par acquisition ou par résignation ? Le fait-il de manière sereine ou en état de stress ?
  • L'arrêt du cododo, le dodo dans sa chambre propre (même réflexion que précédemment).
  •  L'endormissement autonome (si votre enfant crie, hurle pendant un certain temps, vous appelle avec des trémolos dans la voie cela veut peut-être dire qu'il n'est pas encore prêt à s'endormir sans votre présence à ses côtés - il y a des enfants qui naturellement "savent" s'endormir seuls et d'autres pour lesquels il est nécessaire de proposer un accompagnement, cf un prochain post sur le sujet).
  • L'arrêt des réveils la nuit (plus ou moins long selon les enfants) : Nul n'est besoin de laisser pleurer votre enfant seul dans son lit pour qu'il arrête de se lever la nuit et j'en ai fait personnellement l'expérience : l'accompagner dans cette étape (dans la mesure du possible pour les parents) en allant le voir pour le rassurer, en le prenant éventuellement dans le lit parental quelques fois s'il en a besoin ne crée pas une habitude définitive (mes enfants [plus de 3 ans] ne me rejoignent plus la nuit, ils font des nuits complètes et pourtant je suis allée les voir à chaque fois, les ai pris dans mon lit et j'ai même acheté un matelas pour dormir auprès d'eux à certains moments).

Une fois que l'enfant se sent suffisamment rassuré - cela peut prendre parfois plusieurs mois, voire années il est vrai - il lui arrive moins souvent de se réveiller la nuit et d'appeler ses parents puis un jour, il ne le fait plus du tout ou dans de très rares cas.

   En ce qui me concerne, je n'ai pas pu me résoudre à laisser pleurer mes enfants la nuit, seuls dans leur lit pour qu'ils arrêtent de demander la tétée. Et j'ai été agréablement surprise : contrairement à ce que je pensais, cela a pris seulement quelques nuits pour qu'ils se satisfassent de la substitution de leur besoin/envie de lait par de l'apport d'attentions, de bercement, de paroles... (leur organisme n'avait en effet plus besoin de se nourrir la nuit).

...

Autrement dit, tout vient à point à qui sait attendre

Et

Imposer aux enfants des acquisitions ou des arrêts de comportements

  • Dans les cris, voire les hurlements ;
  • La prise de tête ou le conflit ;
  • La tristesse, la vexation ou le sentiment d'humiliation ;
  • La colère, voire la rage ;
  • La panique, voire l'angoisse...

(pour le parent comme pour l'enfant)

Et ce, de manière permanente,

Ne me semble pas serein pour le quotidien de la famille et dans le cadre du développement moteur, psychomoteur et psychoaffectif de l'enfant.

Alors à ceux/celles qui, comme moi,

  • Ne supportent pas d'imposer des acquisitions à leurs enfants (ou de les travailler dans l'effort, les cris, les conflits et les sensations d'échec)

Mais

  • Préfèrent les accompagner doucement et naturellement, négocier

Et qui

  • Subissent ou ont subi des critiques et des commentaires de leur entourage tels que : "tu vas lui créer des habitudes et ensuite tu pourras plus les changer", "un enfant il faut lui imposer des choses sinon il te tyrannise", "un enfant ce n'est pas un adulte, il ne sait pas ce qui est bon pour lui, comment faire les choses le concernant"...).

De même que si pour vous :

  •  "Travailler" ou accompagner les acquisitions ou arrêts de vos enfants n'est pas synonyme de prise de tête, de conflits, de galères mais se fait, au contraire, de manière sereine et naturelle (parce que vous pensez qu'imposer les choses à votre enfant, avec tendresse et bienveillance est bon pour lui, son éducation et son développement moteur, psychomoteur et psychoaffectif et qu'en retour votre enfant sait que l'on fait comme cela dans sa famille, l'accepte et n'en est pas affecté).
  • Il y a certains moments (et c'est le cas en ce qui me concerne) dans le quotidien de la famille, dans l'apprentissage de l' "être parent" ou dans le cadre du développement moteur, psychomoteur et psychoaffectif de l'enfant, il est plus simple, plus commode, plus serein, plus paisible.... de combiner imposition et tendresse et délicatesse, si chères à votre coeur.

J'ai envie de dire : faites-vous confiance, vous êtes le parent de cet enfant et vous seul, sentez savez ce qui est bon pour vous (parent et enfant).

Ce qui n'empêche pas de :

1. Prendre attache auprès de professionnels expérimentés dans la petite enfance et/ou du domaine médical ou paramédical comme je l'ai moi-même fait à plusieurs reprises et ce, d'autant plus si vous avez un doute ou une inquiétude par rapport à une acquisition qui ne viendrait pas dans la fourchette d'age d'acquisition standard)

2. Prendre note des conseils, recommandations, suggestions, questionnements et interrogations que votre entourage (familles, amis, connaissances, personnes avec qui vous avez discuté une fois ou que vous côtoyez de manière ponctuelle) vous proposent et voir si après réflexion, introspection et lectures, cela vous parle, vous questionne ou si vous avez envie d'essayer (car après tout, dans cette situation, cela ne coûte rien d'essayer).

 

Puisque l' "être parent" n'est, pour le coup, pas inné.


Et vous, Quel est votre avis sur la question ?

Quel est votre "style" en tant que parent ?

Comment avez-vous fait en ce qui concerne les acquisitions de votre/vos enfant/s

Ou comment envisagez-vous de faire ?

Quels sont vos questionnements, vos doutes, vos regrets, vos remords, vos inquiétudes... ?

Pour aller plus loin :

  • Article sur l'acquisition de la continence (terme en opposition à l'acquisition de la propreté car un enfant qui ne sait pas encore se "contenir" c'est-à-dire maîtriser volontairement la rétention de l'urine et/ou des selles n'est pas à fortiori "sale").
  • Nous pouvons nous rencontrer autour d'un café pour en parler : https://www.doctolib.fr/psychologue/les-cheres/maeva-barrailler
Lire les commentaires (0)

Soyez le premier à réagir

Ne sera pas publié

Envoyé !

Derniers articles

Avant d'avoir des enfants je pensais que...

27 Fév 2024

A partir de plusieurs anecdotes, sortes de petits épisodes de vie et de réflexion, je vais vous présenter mon parcours de maman "en apprentissage" et ma réflexion, mes lectures à propos des différentes observations que j'ai faites auprès de mes enfants.

Catégories

Réalisation & référencement Simplébo   |   Ce site a été créé grâce à Docorga

Connexion

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'installation et l'utilisation de cookies sur votre poste, notamment à des fins d'analyse d'audience, dans le respect de notre politique de protection de votre vie privée.

Prendre rendez-vous en ligneDoctolib